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Acquisition du Nimbus 2000

- Octobre 2019

L’acquisition de mon Nimbus 2000, un combi Volkswagen T3 orange de 1982, s’est faite très rapidement. 

 

En 2019, j’étais en master 2 de Direction Artistique Numérique spécialisation UX Design à LISAA, Paris. Nous avions un mémoire, ou dossier d’études comme ils l’appelaient officiellement, à rédiger en 6 mois. Le sujet était libre, il devait néanmoins avoir un rapport avec notre domaine d’études. 

Le mémoire a commencé en mars, je savais sur quoi j’allais écrire dès septembre.

 

Le digital nomadisme.

 

J’ai traité dans mon mémoire de différentes manières de vivre le digital nomadisme, mais celle qui m’intéressait le plus était la vanlife. Vivre sur les routes dans son véhicule aménagé, ne pas dépendre des transports en commun, ne pas dépendre des autres. 

 

Avec la difficulté de trouver un VIE (Volontariat International d’Entreprise) à l’étranger et la venue d’Hermione le chat dans ma vie, j’ai changé mes plans. Nous étions l’été 2019 et je voulais acheter un van, le retaper et l’aménager pendant l’hiver, puis partir au début du printemps en Ecosse avec Hermione. 

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Dès l’été, je regardais vaguement les vans sur internet, le bon coin. Avant de lire mon mémoire, ma mère n’était pas très encline à mon projet de van life. Mais durant l’été, elle m’a peu aidée dans mes recherches. Elle était surtout là pour m’encourager et regarder les diverses annonces que je lui montrais. 

 

Mon alternance chez Orange Business Services se finissait et je ne savais pas ce que j’allais faire. Trouver un job dans mon domaine d’études ou bien juste un job alimentaire pour continuer à faire des économies ? La solution est arrivée à moi : on voulait me garder en CDD chez Orange Business Services comme chargée de communication et graphiste. Je n’ai pas hésité. Après avoir négocié un salaire ô combien correct, j’avais ma solution pour continuer à faire des économies pour acheter mon van.

15 octobre 2019

Ce fut le jour où je l’ai vu. Un van comme dans les films ou sur internet, le genre de van que je n’espérais pas avoir, même dans mes rêves.

 

Ce n’était pas un coup de coeur, c’était un coup de foudre. 

L’annonce avait été postée le jour même, j’avais peut-être une chance ? Il était au dessus de mon budget mais il était parfait. Sans hésiter, j’ai contacté la propriétaire qui m’a confirmée qu’il était bien encore en vente. J’étais au travail mais tant pis, j’ai appelé mon père. 

 

Le hic. Le van était à Lille, je suis à Paris, il était vieux, beaucoup trop de kilomètres, ça ne valait pas le coup. Et sans mon père, aucune chance d’aller jusqu’à Lille pour le voir, je ne m’y connaissais pas assez. Mon père m’a dit d’oublier.

 

Mais j’ai de la chance, car mon père revient presque toujours sur ses décisions.

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16 octobre 2019

Mon père m’appelle au travail et me dit que finalement, ça vaut peut-être le coup d’aller le voir le week-end ! Mais il veut l’assurance que nous serions les premiers à le voir durant le week-end. Il veut que la propriétaire nous le « réserve ». Mais ce n’est pas possible. Trop de personnes sont intéressées, elle ne peut pas le réserver. Alors c’était décidé. 

 

On irait ce soir. 

 

J’ai convaincu ma manager de me laisser partir à 16h et de travailler de chez moi le lendemain. A 16h01 j’étais dans la voiture de mon père, direction Lille !

 

L’excitation. La peur. La joie. L’anxiété. Le bonheur. Tout se bousculait.

J’allais voir le van de mes rêves à Lille. 

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Qui dit octobre dit nuit à 17h30. J’ai rencontré le Nimbus 2000 de nuit. Il était garé devant chez Jenny et son mari. Il était aussi orange à l’extérieur qu’à l’intérieur. Une déco hippie : tissu de velours orange sur tous les murs et les banquettes, un plan de travail recouvert de motifs de plage, de combi Volkswagen et de perroquets, des équipés peints grossièrement en vert. Il sentait comme chez ma grand-mère. La déco ne m’a pas effrayée, je savais que je recommencerais tout de toute façon. Certes, il aurait été plus simple de partir de rien, mais reconstruire ne me faisait pas peur.

Nous l’avons emmené sur le parking d’un supermarché en face de chez eux. Mon père l’a conduit en premier. Avec mes 5 ans de permis sur une fiat 500 automatique, je préférais lui faire confiance au début. Sur le parking, nous avons remarqué que tout n’était évidemment pas rose. Un embrayage un peu capricieux et une batterie vite déchargée. Il n’avait pas roulé depuis juillet. Pendant que mon père parlait mécanique avec le mari, je faisais le tour du van avec Jenny. Je l’explorais sous toutes les coutures. 

Vous croyez aux signes ? Personnellement, j’aime y croire. Je ne base pas ma vie dessus et je ne l’ai jamais fait. Mais lorsque quelques petits signes favorables vous font des clins d’oeil, j’aime y sourire et y croire. 

Je suis arrivée derrière le van et j’ai levé les yeux. Il y avait un sticker au dessus du coffre. « L’Hermione ». Le bateau. J’ai éclaté de rire et Jenny est arrivée, un peu paniquée. 

 

« - Il y a un problème ? Me demanda-t-elle effarouchée. 

- Non aucun… c’est ce sticker…

- Oh oui, il était là lorsque nous l’avons acheté. Il s’enlève ne vous inquiétez pas ! 

- Non pas besoin… Mon chat s’appelle Hermione. »

 

Jenny a rigolé de cette coïncidence. Car évidement ce n’était qu’une coïncidence. Mais c’était aussi un joli petit clin d’oeil. 

 

Le deuxième signe ou clin d’oeil ou coïncidence fut la plaque d’immatriculation. « CS ». Mes initiales étaient déjà inscrites sur la plaque. J’ai souri. Je ne voulais pas le dire à mon père, qui lui avait peur que j’achète un aussi vieux véhicule. Il m’aurait trouvée bête et il aurait eu raison : on achète pas un van juste parce que nos initiales sont inscrites sur la plaque. 

 

Et enfin un troisième clin d’oeil. Jenny m’a un peu parlé de leur utilisation du van et de l’ancien propriétaire. Ce dernier avait fait le tour de l’Irlande avec. Ce n’était pas l’Ecosse mais ce n’était pas si loin. 

Je l’ai enfin conduit. Sur le parking. Le mari de Jenny était avec moi. Une toute nouvelle sensation. Je n’avais jamais conduit un aussi gros véhicule ! Encore moins sans la direction assistée ! Et le combi n’a pas de nez. Vous êtes assis sur les roues. Donc tourner prend un tout nouveau sens ! Je faisais des tours sur le parking et j’étais à la fois terrifiée et morte de rire. 

Il me fallait de l’entraînement mais je savais. Je savais que ce van rentrerait avec moi à Paris. 

 

Finalement nous nous sommes retrouvés chez Jenny et son mari, nous signions les papiers. Mon père m’avait demandé au moins 10 fois si je voulais l’acheter. Je lui répondais oui, mais je voulais son avis. Moi, je voyais ma future maison, mon coup de foudre qui roulait encore et plutôt bien ! Mon père pouvait voir des défauts que je ne voyais pas. Son avis m’était précieux. Et je savais qu’il voulait que mon premier van soit un « original ». Pas un fourgon. Un combi, un vrai ! 

 

Nous avons convenu avec mon père que ce serait lui qui le conduirait jusqu’à la maison. Il était tard, on allait prendre l’autoroute même s’il ne dépassait pas les 75km/h. 85 en pente avec le vent dans le dos. Je devais passer par mon appartement récupérer mon chat avant d’aller chez mes parents. Le van n’a pas voulu démarrer. Batterie à plat, les phares étaient restés allumés. Pinces sorties, Jenny et son mari nous suivent jusqu’à la station service au cas où il y en aurait encore besoin. Ça n’a pas loupé, le chauffage à fond a tué la batterie ! C’était reparti, direction Paris ! J’ai failli serrer Jenny dans mes bras, mais je lui ai simplement serré la main en la remerciant mille fois. 

 

Je conduisais doucement pour ne pas perdre mon père de vue. Il pleuvait à verse et le vent soufflait fort. Finalement, mon père m’a appelée pour me dire de tracer jusqu’à mon appartement, chopper Hermione et rentrer. Un peu inquiète, je suis partie devant.

Une fois arrivée, je m’attendais à ce que mon père soit déjà rentré, vu le détour que j’avais effectué. Mais il venait d’entrer sur le périphérique ! J’ai attendu près d’une heure à tourner en rond dans le salon, guettant le moindre bruit. 

 

Enfin il était là. Devant chez moi. Le Nimbus 2000. J’avais envie de pleurer de joie. Je nous ai servi une bière à deux heures du matin histoire de fêter ça. Mon père avait conduit un combi sur l’autoroute en pleine nuit sous la pluie pour me le ramener, il méritait bien ça ! Il m’a raconté que les camions le doublaient et lui faisaient des signes joyeux, en reconnaissance. Ils comprenaient que ce n’était pas évident. Lui qui râle tout le temps contre les camions… 

 

Le lendemain ne fut pas aussi facile. L’anxiété, la peur et le contre coup nous ont frappé et mon père croyait avoir fait une énorme connerie en me laissant acheter ce combi. Mais finalement il est toujours là et je ne pourrais pas être plus heureuse de mon acquisition. 

 

Le Nimbus 2000 était à la maison et il allait devenir la mienne.

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