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Digital

Nomadisme

"Le réveil sonne, il est 7h du matin. Il faut se lever, se laver, s’habiller. Prévoir le parapluie pour le mauvais temps. Arrivés sur le quai du métro, on sait que ça va être la guerre. Batailler pour rentrer dans la rame. On est en retard, pas le temps d’attendre le prochain métro dans deux minutes. On est entassés dans le wagon. Comme des sardines. On sent l’odeur de son voisin. On voit le sms qu’il a reçu comme si c’était notre téléphone sous nos yeux. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, on entend quand même la musique du voisin. Encore trois stations. Deux stations. Une station. La libération. Vraiment? Il faut courir attraper son train. Courir ? Non. Englouti dans la foule, l’horizon n’est fait que de crânes blonds, bruns, roux, chauves. Il faut avancer, le plus vite possible. Tout le monde au même rythme, le pas réglé sur celui des autres. Bousculé, poussé. Encore et encore, jusqu’au train.

On a peut-être de la chance, peut-être sera-t-on assis. Les stations défilent. Les mêmes qu’hier, les mêmes que la semaine dernière. Les mêmes qu’il y a six mois. Arrivés à destination, on y pense même plus. Notre corps, notre cerveau guide nos pas machinalement. La force de l’habitude. On s’installe. On démarre. La journée commence. Recommence. Entre quatre murs, devant son ordinateur. En réunion. Les dossiers s’enchaînent, s’empilent. Les heures passent. S’enchaînent. S’enfilent. La journée est passée, il est l’heure de rentrer. C’est la même rengaine qui reprend, le même chemin que ce matin. Entassés, collés, serrés, bousculés, poussés, cognés, écrasés. Et enfin rentrés. 

Demain tout recommence

Pourquoi personne ne sourit jamais dans le métro ? Peut-être parce que personne n’aime prendre le métro en heure de pointe. Peut-être parce que personne, parmi les milliers, voire les millions, de personnes qui prennent le métro tous les jours n’est satisfait de cette routine. Peut-être vous êtes-vous en partie reconnus dans cette routine qui semble animer des milliers de personnes rien que dans la capitale française. Mais ce schéma est reproduit dans toutes les grandes villes. Londres, Berlin, New-York…


Je vis moi-même cette routine cinq jours par semaine, quatre semaines par mois. Et les douze mois de cette année depuis que je suis en âge de prendre les transports en commun seule. Tout cela pour aller m’asseoir derrière mon écran. A échanger avec mes clients via mail ou skype. Les seules personnes auxquelles je suis confrontée sont ma cheffe, mon binôme de travail (avec qui je correspond aussi par mail bien qu’il soit assis en face de moi) et les personnes de mon open-space. Une journée assise à un bureau, à essayer de faire abstraction des bruits alentours, des conversations, des appels téléphoniques… Une question s’impose alors toujours à mon esprit : mais que fais-je ici ? Mon travail sur l’ordinateur, ma correspondance par mail… Pourquoi ai-je pris le métro alors que j’aurais pu le faire depuis chez moi ? Pourquoi suis-je dans un open-space mal éclairé alors que je pourrais être installée à une terrasse de café ensoleillée ? Pourquoi suis-je à Paris alors que je pourrais être sur une plage en Normandie? Je ne manquerais à personne car personne ne me voit, derrière mon écran.

Cette réflexion personnelle m’a amenée à me questionner sur les autres modes de travail qui existent. Sur un potentiel changement qui pourrait concerner beaucoup de personnes. Tout mon entourage sur mon lieu de travail fait son travail depuis son ordinateur. Et la moitié d’entre eux ne communique avec ses collègues que par téléphone ou par mail. Alors je me suis demandée si nous ne pouvions pas changer notre manière de travailler, voire de vivre ? Plusieurs options sont possibles, comme le télé-travail ou le flex office. Mais je voulais voir plus loin. Changer mon mode de vie et peut-être celui d’autres personnes. Mais comment changer des générations de métro-boulot-dodo ? Comment changer des habitudes ancrées dans notre mode de pensée ? Quelles sont les alternatives ? Qui sont à l’origine des alternatives ?
Au fil de mes recherches j’ai pu observer ces graphistes qui décident de travailler d’où bon leur semble, depuis leur appartement, depuis une autre région, même un autre pays. Des digital nomades. Un mode de vie alternatif, éloigné des codes de la société actuelle, non conformes, en marge, décalés. Les graphistes sont-ils les précurseurs d’un mode de vie alternatif ? Alternatif à quoi ? De quelle société, de quel modèle veulent-ils s’émanciper ? Et pourquoi ? Qui sont-ils et comment arrivent-ils à travailler en bousculant les codes établis ? Sont-ils les premiers à avoir inventé ce nouveau mode de vie ? Sont-ils les seuls à l’exercer ? D’autres personnes, catégories sociales et de métiers peuvent-ils s’y essayer ? Qu’est-ce que le digital nomadisme et pourquoi existe-t-il ?

C’est à toutes ces questions que nous allons répondre à travers ce dossier d’études, un voyage au coeur de notre société d’aujourd’hui, ce qu’elle est et nous impose depuis des générations. Un voyage au coeur du nomadisme, de l’émancipation d’une société qui ne convient plus à tout le monde, un voyage chez les jeunes générations qui questionnent le système en place. Un voyage à travers le monde, des destinations exotiques, chaudes, froides, glacières, tropicales… Un monde ouvert à nous qui nous permet de travailler depuis où nous le souhaitons, malgré une attache dans notre pays d’origine. Un voyage vers un nouveau mode de vie et de travail, un nouvel avenir pour ceux que la société a déçu. Un nouvel avenir pour ceux qui souhaitent vivre autrement. Un voyage vers un autre moyen de fonctionnement. Car après tout, nous n’avons qu’une vie bien courte, je me dis : autant la remplir comme bon nous semble. "

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Trente-six pages avec les annexes et pas moins de six mois pour l'écrire et le mettre en forme. "Sur le digital nomadisme" est le dossier d'études que j'ai réalisé pendant ma deuxième année de Master en Direction Artistique Numérique à LISAA. Dès le moment où l'on nous a annoncé qu'il y aurait un "mémoire" à écrire, c'était une évidence pour moi d'écrire sur les voyages et sur le digital nomadisme. Il fallait après ça le raccorder avec mes études et mon métier de graphiste. Mission plutôt réussie. J'ai réussi à écrire sur un sujet qui me tenait à coeur sans trop me perdre. Si nous n'avions pas été limités dans le nombre de pages, j'aurais pu y passer plus de six mois. J'aurais voulu raconter plus de choses, apporter plus mon point de vue personnel, avoir la possibilité d'avoir plus d'interviews de digital nomades avec différents modes de vie. Peut-être aurais-je l'occasion durant mes futurs voyages d'étendre mes recherches et de compléter mon dossier d'études ? 

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